Alec SEGAERT s’offre en solitaire la 67ᵉ édition du Grand Prix de Denain !!
Vingt-quatre heures après avoir vu la victoire du « presque » à Nokere Koerse, le jeune prodige belge Alec Segaert (Bahrain Victorious) a transformé sa déception, en or ce jeudi 19 mars. Sur les pavés poussiéreux de la 67ème édition du Grand Prix de Denain, le coureur de 23 ans s’est imposé en solitaire, résistant in extremis au retour d’un petit peloton lancé à ses trousses.
Le flair et la botte secrète
Le cyclisme est souvent une affaire de jambes, mais à Denain, c’est la tête qui a fait la différence. Après plus de 200 km d’effort et treize secteurs pavés particulièrement éprouvants — dont deux classés cinq étoiles — la course s’est décantée à 45 kilomètres de l’arrivée. Segaert prend alors la roue du Norvégien Per Strand Hagenes (Visma | Lease a Bike). Le duo collabore, s’isole, et creuse l’écart.
Pourtant, à 10 kilomètres du but, le Belge semble craquer sous les coups d’un Hagenes dominateur. Tactique ou défaillance ? « Quand il m’a attaqué, j’étais vraiment à la limite », a avoué Segaert après l’arrivée. « J’ai un peu joué le jeu et laissé un écart de 20 mètres pour le laisser s’épuiser seul en tête. » Un coup de poker magistral : Segaert revient au train avant de placer un contre foudroyant à moins de 3 km de la ligne.
Un final magistral
Seul face au vent, Segaert a dû puiser dans ses dernières réserves. Derrière lui, le peloton, emmené par les sprinteurs, a fondu sur l’homme de tête dans les derniers hectomètres. Sur la ligne d’arrivée, le Belge ne conserve que deux petites secondes d’avance sur ces poursuivants Milan Menten (Lotto Intermarché) et le Français Anthony Turgis (TotalEnergies).
« C’est pour cela que nous faisons du vélo. Gagner après ce que j’ai vécu hier, c’est incroyable », s’est exclamé le vainqueur, faisant référence à sa cruelle désillusion de la veille où il avait été repris à seulement 50 mètres de la ligne.
Les Nordistes au rendez-vous
A trois semaines de Paris-Roubaix, les régionaux de l’étape n’ont pas démérité. Si Samuel Leroux rappelait au départ l’importance de la chance et du placement sur ces secteurs périlleux, c’est finalement Axel Huens qui tire son épingle du jeu en signant une solide 7ème place, confirmant sa bonne forme sur les terres nordistes.
Avec cette victoire acquise autant avec le cœur qu’avec les méninges, Alec Segaert s’affirme comme un client sérieux pour l’Enfer du Nord. À Denain, il n’a pas seulement levé les bras ; il a pris rendez-vous avec l’histoire.
